18 avril 2010

"Et je vis toujours des soirées parisiennes..." ou l'histoire d'un coming-out raté

Hier Avant-hier, il était 23h30 et nous étions trois hypokhâgneuses réunies dans 8m², c'était chouette.
Plus tôt dans la soirée, nous avions vu La confusion des sentiments au théâtre Mouffetard. L'adaptation du roman de Zweig n'a pas fait l'unanimité. L. n'a pas été follement emballée, mais n'a pas détesté. Boucle d'or, bon public, a adoré, et moi, trop critique, j'ai fait un blocage sur l'un des acteurs (celui qui jouait l'étudiant). 
En sortant du théâtre nous bavardions joyeusement L. me chambrait, nous échangions moult potins sur mademoiselle-nymphomane et nous nous étonnions du fait qu'à 22h, premier jour des vacances, le 5ème arrondissement soit mort. Encore plus mort que le Limousin à la même époque, selon Boucle d'or, c'est dire...  Bref, tout ça pour dire que L. voulait aller aux toilettes et que nous avions toutes un peu faim, par conséquent nous avons atterri dans la chambrette de miss Germanie (qui n'est pas Boucle d'or).
Après quelques péripéties -et quelques étages montés, puis descendus, et remontés...- L. nous a fait des crêpes. C'est là que j'ai révélé à la demoiselle sans ses trois ours LE potin sur Mme Grec. Potin qu'elle semble avoir eu du mal à avaler (en même temps, je peux comprendre...). C'est après que j'ai vaguement perdu pieds. En effet, soucieuse d'être transparente et honnête de ne pas avoir à cacher ma vie sentimentale, j'ai levé les yeux vers L. -qui touillait la pâte à crêpes- et j'ai dit : "Boucle d'or, elle sait pour moi?". Sous-entendu : Pitié-dis-moi-que-tu-lui-as-déjà-dit-que-j'aimais-les-femmes-afin-que-je-n'ai-pas-à-lui-annoncer. L. n'a pas eu le temps de répondre, puisque la blondinette (non, ce n'est pas incompatible avec l'hypokhâgne ;) ) a dit "R., R., bien sûr que je sais", ou quelque chose comme ça. J'ai eu environ dix petites de secondes de "youhou-L-est-parfaite-elle-lui-a-dit". Oui, dix secondes,grand maximum,avant que Boucle d'Or ne m'annonce qu'elle avait lu mon blog. A cet instant, je me suis un peu étouffée. L. aussi, remarquez.
Bon, après on a encore potiné et rit et mangé des crêpes aussi. Tout ça jusqu'à minuit, heure à laquelle nous avons raccompagné Cendrillon-Boucle d'or à la station de métro la plus proche.

Voilà pour la première partie de soirée.

Après, c'était beau comme dans un film, puisque nous (ie L. et moi) avons marché jusqu'à "Saint-Michel Notre Dame" étant donné que je voulais absolument voir la Seine. Bon, avant de pouvoir m'extasier sur la beauté du fleuve de nuit, nous nous sommes arrêtées devant Shakespeare& co, sous un arbre fleuri et près d'une fontaine. Bref, c'était super chouette, il était minuit et demi, et tout nous semblait possible -la première soirée de vacances est toujours synonyme d'enthousiasme à la limite de la folie pour les hk, je crois. Nous avons donc gambadé jusqu'à un premier pont. C'est alors que L. a suggéré l'idée -je cite- "d'aller de pont en pont". Sur le moment, j'ai dit "oui" , folle que j'étais. En effet, après une grosse trentaine de minutes de marche, on a décidé de rentrer. Sauf que L. ne voulait pas refaire le même chemin qu'à l'aller parce que "tu comprends, c'est déprimant !". J'avoue que je comprenais moyennement, et que je comprends encore moins maintenant. C'est sûr que pour le coup, nous n'avons pas DU TOUT fait le même qu'à l'aller, puisque vers une heure du matin, nous nous sommes retrouvées rue de Rivoli. J'ai ri. Beaucoup et longtemps.

Petite parenthèse géographique pour les non-parisiens : En gros, L. (et moi aussi d'ailleurs) vit dans le 6ème arrondissement et Saint-Michel se trouve dans le 5ème arrondissement. Bref, toussa c'est rive gauche, alors que la rue de Rivoli (qui est immense en plus...), se trouve rive droite et dans le 4ème.  Tout ça pour dire que nous n''étions absolument pas dans la bonne direction quand nous avons atterri dans cette fichue rue.

Bon, nous avons fini par rentrer -il était environ 2h30 du matin... tant bien que mal et surtout à pieds. Oui, parce que vous comprenez, nous avions trouvé ça follement fun de partir sans portefeuille et sans tickets de métro. Enfin, c'était quand même chouette, parce qu'on a vu de jolies petites églises, des magasins d'artisanat monastique, le Marais de nuit, la Seine (beaucoup de fois...), des ponts, l'ïle Saint Louis, l'Hôtel de Ville etc... Mais bon, j'avais froid, mal aux pieds et au côté droit de la tête et L. se moquait de moi.

Inutile de vous dire qu'à 3h00 du matin, nous dormions et que nous avons difficilement ouvert les yeux vers 13h30. Il faisait très très très beau, nous avons mangé un yaourt au citron à deux et nous sommes allongées -en pyjama, cela va sans dire- au soleil sur le balcon-terrasse de L. avec la musique à fond. Notamment Grease et Indochine (en vacances, il ne faut pas trop nous en demander, hein !).

Finalement, l'hypokhâgne qu'est ce que c'est bien, quand on n'y est pas !

Posté par mellephilo à 18:02 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


Commentaires sur "Et je vis toujours des soirées parisiennes..." ou l'histoire d'un coming-out raté

    J'aime ce genre d'épisodes où tout n'est pas prévu...

    Posté par zofia, 18 avril 2010 à 18:32 | | Répondre
  • Raconté par toi ça me donne le sourire.
    Je viens de me faire un happy-revival(le froid et le mal-aux-petons en moins) en direct de la BPI, merci !

    Posté par Laura, 18 avril 2010 à 18:48 | | Répondre
  • @ Zofia : J'aime bien aussi, même si je me plains beaucoup sur le moment

    @ Laura : BPI-5ème ou BPI-18ème? Et ta version était très très très drôle ! Euh...la BPI n'était pas censée durer jusqu'à 21h ? :p

    Posté par Melle Philo, 18 avril 2010 à 19:01 | | Répondre
  • BPI pour de vrai! théoriquement jusque 21h mais je vais écourter à 20h20 parce que ... parce que.

    (Non rien à voir avec un quelconque drame de la volonté)

    Posté par Laura, 18 avril 2010 à 20:14 | | Répondre
  • BPI pour de vrai! théoriquement jusque 21h mais je vais écourter à 20h20 parce que ... parce que.

    (Non rien à voir avec un quelconque drame de la volonté)

    Posté par Laura, 18 avril 2010 à 20:21 | | Répondre
  • Oui, l'hypo est toujours meilleure quand on n'y est pas. Est ce un drame? Les meilleurs soirées sont celles que je passe avec des hypos. Mais elles sont si rares. Les meilleurs moments que je passe avec des hypos sont des soirées de vacances. Mais elles sont toujours aussi rares. Double paradoxe des moments si nombreux qu'on passe à se côtoyer mais des moments si rares où on peut se parler d'un peu autre chose que de nos fiches?

    Posté par Poiuyt, 18 avril 2010 à 21:33 | | Répondre
Nouveau commentaire